8 septembre 2014

Les Fables-Fleurs


 « …Sous l’écorce des mots
sentir le mouvement de l’aventure » (1)

tel est le plaisir de l’enfant sensible aux sonorités des mots, aux images qu’ils véhiculent et à la nouveauté du merveilleux qui les accompagne dans la découverte de leur environnement.

Qui n’a ressenti avec nostalgie la magie de certains mots dont la répétition comble l’enfant sans qu’il en connaisse la signification... leitmotiv lui ouvrant le grand large du rêve et de l’ailleurs…
A ce sujet les fables, les contes, les récits jouent pour l’enfant qui commence à nommer le monde qui l’entoure un rôle mystérieux et primordial. Mais cet engouement ne s’arrête pas là et le succès du renouveau des fables de La Fontaine et l’évocation de certains contes témoignent d’un attachement durable à ces formes de langage héritées des temps archaïques et aux civilisations (parfois disparues) qui imprègnent secrètement notre mémoire collective.
- Leur musique et leur harmonie n’étant pas étrangères à ce sentiment profond et indestructible de tout être humain –

Très touché par les intonations de la voix de ses proches, l’enfant appréhende les mots et leur donne un sens premier constituant au fil des jours son propre langage et sa manière d’être au sein de la société.

Le psychanalyste Bruno Bettelheim a bien montré dans un de ses livres l’importance des contes et des mythes au cours de l’enfance pour la formation du terreau de la personnalité.

Les fleurs ont-elle une âme ?

Question récurrente que l’on s’est posée au cours des siècles. Il est vrai qu’aujourd’hui nous préférons dire qu’elles ont déjà une histoire que chacun redécouvre à sa manière selon les lieux et les époques. Ainsi on leur reconnaît actuellement à travers certaines découvertes scientifiques « une forme d’identité… »

Source de beauté et de fantaisie, présences silencieuses elles magnifient notre vie et, tout en les admirant, nous nous interrogeons à travers notre imagination sur l’origine supposée ou réelle de leur nom.


La Primevère




                                   Cette année-là
                        de nombreux soleils brillèrent
                        tuèrent les plantes
                        crevèrent les sources
                        Et les petits enfants mouraient
                                               Alors chanta un oiseau merveilleux
                                               dans son bec une primevère


              _ Soleil apaise ta colère
                          calme tes rayons mortels
                                      Et je te donnerai cette fleur
                                      de rêve. . .
                                                 Sous l'eau de ton regard
                                                 son coeur se déploiera
                                                 et toi seul entendra
                        la source de ses pas.
Michèle Serre


Livre:
Cet article fait suite au Livre intitulé : « Les Fables-fleurs»
publié en 1994, dont un extrait sur la fable fleur intitulée : La Primevère.



Illustrations de Pierre Sentenac
est disponible sur commande aux éditions Le Bien-Vivre: pierresentenac@orange.fr

( Livres d’artiste de Collection, cousu main, couverture Moulin Laroque, papier moulin ou vergé:
tirages 100 exemplaires numérotés, prix: 18Euros )

Nota Bene:
(1) _ La Première citation de cet article est un extrait
du livre de poèmes sur Marie Noël de Michèle Serre.
Un article lui été consacré dans ce blog le 08/06/2012