27 novembre 2011

L’Occitanienne, le dernier amour de Chateaubriand


Instant de vie, cette soirée printanière de mai 2008. Un air léger court dans les prairies d’un vert éclatant. Le ciel d’un bleu sans nuages et une atmosphère primesautière autour d’un apéritif !
Pourquoi cette volonté de s’enfermer pour voir un film sur Chateaubriand ? Certes le titre est prometteur : « L’Occitanienne, le dernier amour de Chateaubriand » mais qu’a-t-il encore à nous dire à travers la réalisation de ce film ? Peut-être faut-il remonter à notre adolescence studieuse où l’Enchanteur peuplait nos rêves et donnait des ailes à notre imaginaire ? Le metteur en scène Jean Périssé a-t-il voulu insufler une vie nouvelle à ce personnage hors du commun d’une époque révolue ?
Avant la représentation toutes ces questions nous interpellent mais d’emblée, nous sommes projetés hors du temps, prélude sublimé par une musique en harmonie avec la somptuosité des images. L’action se déroule en 1829 à Cauterets à l’époque du pyrénéisme, un soir de violent orage. Il s’agit d’un huis-clos à trois personnages : l’écrivain René de Chateaubriand vieillissant (interprété par Bernard Lecoq), la jeune Léontine de Villeneuve (Valentine Teisseire) enflammée de passion et un maître d’hôtel (Roger Souza) poète dans l’âme et veilleur de nuit.

Le metteur en scène Jean Périssé a scénarisé et « story-boardé » cette histoire et le film a été produit par la société toulousaine Clairsud.



C’est une belle histoire d’amour entre un homme vieillissant et une jeune fille de l’aristocratie toulousaine baptisée par Chateaubriand « L’Occitanienne ».
Après un échange épistolaire, ils avaient projeté de se rencontrer à Cauterets dans les pyrénées où Chateaubriand venait prendre les eaux. C’est une photographie de l’ambiance des villes d’eaux à l’époque romantique.

Dans le livre d’entretien que nous lui avons consacré, Jean Périssé nous explique les étapes de sa création, la reconstitution des lieux et comment un rêve d’adolescent a pris naissance après de nombreuses expériences professionnelles, sa passion pour les images et le dessin jouant un rôle majeur dans sa création.



Au-delà de l’anecdote j’ai voulu rendre le mystère du sentiment amoureux. Ne pas montrer, donner à voir et à sentir. Il ne s’est rien passé mais les sentiments éclairés par le jeu des lumières, transcendés par la musique et les turbulences de l’orage sont renforcés par la magie des lieux. Lumière qui n’exclut pas les ombres de la vie : le poids de l’âge, l’approche de la mort très prégnante à cette époque, tout ce qui sépare les deux héros et traduit la vulnérabilité des passions.
Les deux personnages sont sur une ligne de crête, vont-ils se rejoindre dans l’espoir d’un renouveau ou cet espoir est-il sans cesse menacé par une différence d’âge insurmontable ?
Mais il y a aussi, sous-jacente, une question sur le rôle de la poésie et de l’art en général : est-il seulement un idéal pour sublimer le quotidien ?

Extrait du Livre: Jean Périssé, un chemin buissonnier 

Livre:

Ces 2 livres "l'Occitanienne" & "Jean Périssé, un chemin buissonnier "
 sont en vente: Editions Le Bien-vivre, 
Pour commander cet ouvrage contacter l'adresse mail: pierresentenac@orange.fr 
( Livres d’artiste de Collection, cousu main, couverture Moulin Laroque, papier moulin ou vergé: tirages 100 exemplaires numérotés prix: 19 Euros)
& 15Euros pour "l'Occitanienne"




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24 novembre 2011

Réflexion sur la poésie

Parlant de poésie le philosophe Gaston Bachelard évoque une « surrationalité » parce que le langage poétique permet de faire émerger des valeurs enfouies que le langage courant ignore.
C’est l’intérêt majeur de l’expérience poétique tout entière orientée vers la contemplation de la nature et des instants privilégiés qui donnent un sens à la vie : un temps arrêté, immobilisé, prélude du  silence où les mots vont jaillir noués dans un même désir de transcendance et d’harmonie.
Les cadres de la vie quotidienne brisés, le souffle de la poésie entraîne l’homme vers d’autres rivages : « La poésie cherche l’instant elle n’a besoin que de l’instant. Elle crée l’instant… c’est dans le temps vertical d’un instant immobilisé que la poésie trouve son dynamisme pur de la poésie pure. C’est celui qui se développe verticalement dans le temps des formes et des personnes » écrit le philosophe Gaston Bachelard dans son ouvrage le « droit de Rêver ».
Cet élan vital  n’est pas propre au verbe poétique, on peut le ressentir intensément dans la force des images. Ainsi les peintres impressionnistes s’imprégnaient-ils des mouvements de la lumière et de l’eau dans les paysages pour traduire ces instants de vie, fulgurances poétiques qui nous portent ailleurs et plus loin !


 Pierre Sentenac,"éblouissement" H/T ,1991




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